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La longévité : une chance pour tous

La Maison d’accueil rurale pour personnes âgées de Sainte-Florence accueillera certainement ses premiers résidents dans un an. En attendant les collectivités financeurs du projet étaient invitées à poser, non pas « la première pierre » comme le veut la tradition, mais le premier « bois » puisque le bâtiment en construction est en ossature bois.

La commune a souhaité qu’une démarche écologique entoure la construction de cet établissement grâce notamment à son ossature bois, sa toiture végétalisée, sa norme haute performance énergétique et sa chaudière à granulés bois, granulés fabriqués à 100 m du bâtiment par une entreprise locale ! Comme circuit court on ne fait pas mieux.

Dans le cadre du Contrat Territorial que la région a signé avec le Pays du Bocage Vendéen, notre collectivité participe au financement de la MARPA à hauteur de 44 000 €.

Afin de détendre l’atmosphère lors de cette inauguration (pas facile de se retrouver entre Bertrand de Villiers, conseiller général, Bruno Retailleau, Véronique Besse et tous les autres élus de droite du canton) j’ai voulu faire un peu d’humour en citant De Gaulle (mais je me suis trompée d’auteur, l’émotion sans doute) qui disait « la vieillesse est un naufrage » et démontrer qu’aujourd’hui la longévité est une chance pour tous.

C’est ainsi que la commission Solidarités Santé de la région travaille actuellement à la mise en place d’un Gérontopôle Longévité et Vieillissement, avec le Professeur Gilles Berrut, Professeur à la faculté de Médecine de Nantes et chef de service de gériatrie au CGU de Nantes.

En effet, si le phénomène de vieillissement de la population touche l’ensemble de la métropole française, d’après une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) des Pays de la Loire de juillet 2008, d’ici à 2030, l’âge moyen de la population de la région va augmenter de 4 ans et dépasser l’âge moyen national. Les personnes de 60 ans et plus représenteront 31 % de la population de la région à cet horizon contre 22 % aujourd’hui. Au cours des dix prochaines années, la population de 60 ans et plus ayant besoin d’aide pour les actes essentiels de la vie quotidienne pourrait ainsi augmenter de 20 % en Pays de la Loire. Par conséquent, la prise en considération du « bien vieillir » constitue un enjeu majeur pour le développement des politiques publiques.

La création d’une plateforme régionale dédiée au vieillissement de la population et à la prise en charge des personnes âgées entend donc reposer sur quatre axes principaux :

La formation initiale et continue : structuration de formations adaptées à l’accompagnement des personnes âgées, prospective sur les nouveaux métiers de la coordination gérontologique, promotion des métiers d’aide à la personne, organisation de rencontres entre universitaires des sciences humaines et sociales, … ;
L’innovation et le développement économique : aide aux entreprises dans le développement de produits et services dédiés aux séniors (domotique, géolocalisation, adaptation des logements, …), prestation de conseils et de validation techniques sur les nouveaux procédés, formalisation de partenariat entre des entreprises et le monde universitaire, appui aux filières liées aux personnes âgées (santé, alimentation, sécurité-confort, mobilier, …) ;
La recherche clinique, fondamentale et translationnelle : mise en réseau des recherches régionales sur la thématique de la longévité et du vieillissement, structuration des acteurs de la recherche régionale pour se positionner sur des appels d’offres nationaux et européens, … ;
Le soutien aux politiques publiques territoriales : rôle de veille et d’observation dans le champ du vieillissement (centre de ressources), partage des bonnes pratiques entre les territoires, aide aux collectivités locales s’engageant dans des projets d’aménagement ou de mise en œuvre de politiques en lien avec les personnes âgées, …

J’ai également rappelé dans mon intervention que notre société et particulièrement les élus que nous sommes ont le devoir de se préoccuper à la fois de la jeunesse et des ainés.

Ce n’est malheureusement  pas la tendance du pouvoir actuel (c’est le moins qu’on puisse dire), qui laisse les jeunes sans formation, sans prof, sans boulot mais avec beaucoup de matraques…. quand à nos anciens, bientôt ils seront comme une majorité de français, restreints dans leur accès aux soins, puisque l’hôpital public (qui accueille massivement les personnes âgées les cliniques préférant la médecine qui rapporte !) perd, jour après jour, ses moyens. Lequel d’entre nous n’a pas vu, dans les couloirs des urgences, une petite vieille ou un petit vieux allongé, seul, attendant (comme tout le monde) qu’on vienne le prendre en charge. N’est-ce pas scandaleux ? Et dans certains établissements il n’y a qu’une infirmière pour 80 personnes âgées avec deux aides-soignantes, est-ce normal ?

Le révolté Docteur Patrick Pelloux écrit dans son dernier recueil  de chroniques : « il faut reconquérir l’humanisation des établissements de santé et cela va à l’opposé des idées néolibérales et du tout pour l’argent. La valorisation sociale des métiers au service des personnes âgées est impérative pour que l’aide aux plus vulnérables soit plus motivante que de devenir trader en Bourse ». Ce n’est pas gagné docteur !

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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