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La colère gronde

Samedi à La Roche sur Yon, comme dans d’autres communes de Vendée, la mobilisation contre les réformes Darcos a pris une forme assez originale. Comme au bon vieux temps du Larzac, les manifestants avaient organisé un « dying » symbolisant autant de « morts » que de postes supprimés.

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Cette manifestation avait également l’originalité d’associer des parents d’élèves des écoles publiques, la FCPE, les syndicats, les enseignants, les partis politiques ou encore les associations d’éducation populaire dont les budgets seront amputés de 25 % cette année.

L’inquiétude porte aujourd’hui sur la dégradation des conditions de travail des enseignants et sur les difficultés des conditions de vie des enfants à l’intérieur de l’école (suppression de postes, suppression des Rased, aide personnalisée aux enfants inefficace et inadaptée au temps scolaire…) ; le discours du Ministre de l’éducation, comme celui de la Ministre de la santé d’ailleurs, est toujours le même « tout va bien, ces services publics ont juste besoin de réorganisation » !

On peut également s’inquiéter de la réforme des lycées « repoussée » suite aux mobilisations lycéennes et ce n’est pas la nomination à la tête d’une mission de réforme des lycées, par le président de la république, de Mr Descoings directeur de Sciences Po Paris, qui va rassurer la communauté scolaire. Déjà ce monsieur parle de faire entrer une part de financements privés, pour des activités scolaires, à l’intérieur des lycées ! En termes de provocation on ne fait pas mieux.

Mais la revendication ne suffit pas, le Parti Socialiste  doit également faire des propositions pour améliorer le système éducatif par le haut.

Les élections présidentielles de 2007 ne sont pas si loin et Ségolène Royal, dans son  pacte présidentiel , donnait alors une large place aux propositions en direction de l’éducation :

– Organiser des Etats généraux des enseignants sur le mode participatif, pour améliorer leurs conditions de travail dans l’école, assurer la pleine reconnaissance de leurs missions et préparer un plan pluriannuel de recrutement des enseignants, de formation et de résorption de l’emploi précaire.

– Mettre en place un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans. Assurer la maîtrise de la langue parlée à la maternelle.

– Organiser le soutien scolaire gratuit pour tous les élèves grâce à des répétiteurs.

– Limiter à 17 le nombre d’élèves par classe en CP et en CE1 dans les ZEP et fixer la dotation aux établissements par élève en difficulté à 25% de plus que la dotation ordinaire.

– Réviser la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d’éducation prioritaire.

Renforcer la présence adulte dans les établissements y compris, lorsque ce sera nécessaire, par la présence d’un deuxième adulte dans les classes.

– Implanter des classes préparatoires aux grandes écoles dans les quartiers qui en sont dépourvus. L’excellence scolaire ne doit pas être réservée aux établissements de centre-ville.

– Créer des emplois-parents, la généralisation d’écoles des parents et des consultations de médiation familiale pour les aider à conforter leur autorité.

– Adopter une loi de programmation pour redonner à nos universités les moyens de l’excellence. En 5 ans, la dépense par étudiant sera portée au même niveau que la moyenne des pays de l’OCDE. Renforcer l’autonomie des universités dans le cadre national. Associer les régions à la remise à niveau des universités (bâtiments, logements étudiants…).

– Créer un service public d’orientation pour que les jeunes soient informés pleinement des débouchés offerts par chaque filière.

– Créer une allocation autonomie pour les jeunes sous condition de ressources avec un contrat pour faciliter les études et l’entrée dans la vie active.

Ces propositions ne demandent qu’à être rediscutées, affinées, amendées, le Parti Socialiste pourrait organiser les « états généraux » de l’éducation en réponse aux manipulations du pouvoir en place. Les enseignants, les syndicats, les associations, les élus, les experts, les familles…bref chacun se sent concerné par l’avenir du service public de l’éducation, alors pourquoi ne pas en parler ensemble ?

La Région des Pays de La Loire en tous cas ne baisse pas les bras ! En plus d’ une politique extrêmement volontariste en direction des lycées et de la jeunesse, elle organise en collaboration avec l’Association des Régions de France, une grande manifestation les 19 et 20 mars, à Nantes : Jeunesses en Régions. www.jeunessesenrégions.fr

Trois objectifs pour ce grand rassemblement :

* Assurer une visibilité aux politiques jeunesses menées par les Régions
* Ouvrir de nouvelles perspectives dans un contexte aujourd’hui complexe
* Renforcer les collaborations avec les acteurs de l’éducation

Vous le voyez pendant que la droite détruit, la gauche construit des politiques utiles aux français grâce à ses collectivités.

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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