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Journées nationales Prison à La Roche Sur Yon

Dans le cadre des 18ème journées nationales Prison, se tenait hier soir à la Roche Sur Yon une conférence débat, organisée par le très dynamique « collectif prison ». Dans le contexte médiatique du moment, cette soirée avait tout son sens puisqu’elle abordait le difficile sujet de l’insertion en milieu carcéral.

Alors que le président de la république veut ouvrir 30 000 places supplémentaires en prison, que le Ministre de la justice joue au Père Noël avec les prisons vendéennes (rénovation, construction…), la France est toujours montrée du doigt pour l’état de ses prisons, fabrique à récidive tant le manque de moyens est criant !

Les conférenciers, dont François Korber, ancien détenu, président de l’association « Robin des Lois », n’ont pas manqué de souligner le problème culturel qu’entretiennent les français avec la prison : en France un détenu n’a jamais fini de payer sa peine même une fois libéré ! Ce qui explique, en partie, les rares volontés politiques de sortir de ce que Robert Badinter appelait la « constance de l’indignité carcérale ».

Le travail en prison est un des moyens pour les détenus de préparer leur réinsertion, de percevoir un salaire (même minime il permet de « cantiner » et d’indemniser les victimes), d’occuper le temps et d’empêcher la dégradation de l’image de soi et de tout ce qui pourrait concourir à entretenir la colère, la révolte intérieure, celle qui peut conduire à la haine d’une société qui rejette et donc à la récidive.

Pour les détenus en Maison d’arrêt (comme celles de Vendée) c’est encore plus compliqué : peu ou pas de marchés confiés par les entreprises locales, des transferts inopinés alors que le détenu était suivi par la Mission Locale (par exemple), difficulté de s’investir dans une formation sur un temps court, idem pour les suivis psychologiques qui ne peuvent s’inscrire dans le long terme dans ces conditions.

En Vendée, sur 2100 personnes écrouées, 200 sont réellement incarcérées. Des intervenants travaillent autour de la réinsertion : instituteur spécialisé, psychologue, animateur culturel et sportif, bénévoles, visiteurs de prisons….mais tout cela relève souvent du « bricolage » financier, soumis aux aléas budgétaires des administrations ou collectivités.

La Région des Pays de La Loire croit pour sa part à l’importance de la prévention et de la réinsertion plutôt qu’au tout sécuritaire et c’est pourquoi depuis le 1er janvier 2011 elle expérimente pour une durée de 3 ans, la mise en œuvre de la formation des détenus, suite à la Loi pénitentiaire de novembre 2009. En moyenne, ce sont environ 300 détenus par an qui sont concernés par cette action pour un budget de 1,57 millions d’euros (coût pédagogique et rémunération des stagiaires). 6 établissements sont concernés dans la Région (dont la Maison d’arrêt de Fontenay Le Comte), les formations ont pour objectif de permettre au détenu de construire un parcours qualifiant.

Cette période pré-électorale invite plutôt au discours sécuritaire et malheureusement l’actualité aussi. Pourtant je pense que « mieux prévenir et mieux punir » est une des clés de la diminution de la délinquance, la grande comme la petite.

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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