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L’accueil de nos âgés : un enjeu majeur pour demain.

J’ai inauguré hier, à Moutiers-les-Mauxfaits, en compagnie de M. le Maire, les travaux de réhabilitation de l’EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) « L’Ermitage ».

A l’image de cet établissement d’accueil pour nos anciens, la politique relative aux personnes âgées et à l’autonomie est à refonder et même à reconstruire. L’espérance de vie s’allonge et notre population vieillit. Ainsi, 8% des personnes de plus de 60 ans sont dépendantes aujourd’hui. Plus de 30% des personnes de plus de 65 ans présentent des symptômes de fragilité incitant à une grande vigilance face à une situation de dépendance : perte de poids ou d’appétit, faiblesse musculaire, fatigue, etc. Dans 40 ans, à l’horizon 2050, plus de 22 millions de personnes auront plus de 60 ans. Ces quelques chiffres sont alarmants et montrent mieux qu’un long discours qu’il y a urgence à agir ! Une adaptation de nos politiques d’aide, de nos logements, de nos bâtiments publics ou encore de nos transports en commun s’impose.

Cette grande réforme de la dépendance, cette prise en compte du 5e risque, avait pourtant été annoncée à grands frais dès la fin de l’année 2008 pour une mise en œuvre en 2010. Le courage politique avait manqué et il avait fallu reculer. Mais si ce projet avait disparu des médias comme par enchantement, le problème n’en est pas mois demeuré tout aussi prégnant. Il se pose d’ailleurs avec encore plus d’acuité aujourd’hui.

Lundi dernier 8 octobre, Mme Michèle DELAUNAY, ministre déléguée en charge des Personnes Âgées et de l’Autonomie a présenté le chemin qu’entendait prendre le gouvernement pour répondre à cet enjeu majeur. Le futur projet de loi comprendra trois grands volets : « anticipation-prévention », « adaptation de notre société au vieillissement » et « accompagnement de la perte d’autonomie ». Il est ainsi possible de résumer notre action selon la formule des trois « A » : Anticipation, adaptation, accompagnement. En cela, il s’agira d’une réforme globale, qui ne se réduira pas au seul volet de la prise en charge de la dépendance, ce qui diffère de l’approche retenue avant notre arrivée aux affaires.

Le premier volet est désormais entre les mains du Dr. Jean-Pierre AQUINO dont le comité nommé « Avancée en âge : prévention et qualité de la vie » doit élaborer un état des lieux et une synthèse des bonnes pratiques en matière de prévention. Il aura également la charge de formuler des propositions pour mieux coordonner les acteurs.

Parallèlement à cela, ma collègue Martine PINVILLE, députée de Charente et secrétaire de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale s’est vue confiée par le Premier ministre une mission parlementaire de comparaison internationale. Son objectif sera naturellement d’identifier les dispositifs qui fonctionnent à l’étranger et dont la France pourrait s’inspirer.

Le deuxième volet a quant à lui été confié, et cela depuis le 25 septembre dernier, à M. Luc BROUSSY qui a d’ores et déjà commencé à travailler sur trois axes : habitat, urbanisme et mobilité ; croissance économique et emplois ; éducation, communication, culture et lien intergénérationnel.

Le troisième et dernier volet est directement travaillé par le cabinet de Mme DELAUNAY, en lien étroit avec l’administration. Dans la mesure où la perte d’autonomie a déjà fait l’objet de nombreux rapport, il appartient désormais au Gouvernement de faire des choix entre les différentes options connues.

L’objectif de Michèle DELAUNAY est d’aller vite, sans précipitation et dans la concertation. Nous devrions donc ainsi disposer des éléments nécessaires pour dessiner le futur projet de loi d’ici la fin de cette année.

Prévenir et dépister les fragilités liées à l’âge qui peuvent conduire à la réduction de l’autonomie puis à la dépendance est essentiel. Pour notre société, il s’agit d’anticiper et de ne pas subir. Si le bien être futur de nos futurs anciens demeure la priorité, il convient aussi de considérer l’explosion des coûts d’hospitalisation qui ne manqueraient pas de survenir si nous ne faisions rien. Ils ont été évalués en mai 2011 à plus de 2 milliards d’euros par le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie !

A l’occasion de cette passionnante visite au cours de laquelle j’ai pu échanger avec les résidents comme avec les personnels, j’ai été interpellée par le vice-président du Conseil général quant à la non ouverture de nouveaux lits en Vendée par l’agence régionale de la Santé (ARS). J’ai rappelé à Monsieur Gauducheau que c’est sous l’ancien gouvernement que le Plan Régional de Santé avait été validé, privant la Vendée d’ouverture de lits supplémentaires.

Il faut préciser que les ARS avaient été mises sur pied suite à la calamiteuse Loi HPST (« Hôpital, patients, santé et territoires », dite loi Bachelot) afin de gérer la pénurie de financements. J’ai terminé en assurant que le Gouvernement avait l’ambition de rendre à nos politiques publiques les moyens nécessaires à une bonne prise en charge de nos âgés.

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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