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Ne pas confondre austérité et sérieux budgétaire

François Hollande s’est fixé comme objectif la réduction du déficit public de la France et la relance de la croissance économique. En deux ans, le déficit budgétaire a été réduit de 13 milliards d’euros, passant de 5,3 % du PIB en 2011 à 3,6 % cette année. Il faut garder à l’esprit que de 2007 à 2012, la dette publique a été augmentée de 622 milliards d’euros, explosant de 1000 à 1622 milliards d’euros, de 60 % à 90 % de la richesse nationale. Afin de ne pas laisser cet héritage à nos enfants, il convenait de réagir et d’engager une politique aux objectifs ambitieux ; à savoir une politique de sérieux budgétaire, toujours redistributrice, à ne pas confondre avec une politique d’austérité.

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Non, la France n’est pas l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie. A la différence de ces pays, aucune prestation sociale ni aucun service public n’a été supprimé ou amputé, aucun fonctionnaire n’a été licencié…

Le Pacte de responsabilité et de solidarité est l’un des moyens de cette politique traduite dans la loi de finances rectificative. Il vise conjointement l’investissement des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages.

Le gouvernement entend poursuivre l’effort de baisse d’impôts et des cotisations des entreprises afin de leur permettre d’investir à nouveau. Réduire le coût du travail n’est pas un cadeau fait au patronat, c’est permettre aux entreprises de gagner en compétitivité, c’est leur permettre de créer des emplois ! Sans entreprises, pas de travail… L’objectif n’est pas de remplir les poches des actionnaires ou des chefs d’entreprise c’est bien de rendre des marges de manœuvre au bénéfice de notre économie et des Français qui seront juges de la probité des patrons. Ces derniers n’ont pas d’autres choix que de « jouer le jeu ».

Les entreprises ne seront pas les seules à bénéficier d’allègements. Les Français les plus modestes verront eux aussi leurs impôts baisser. Après quatre années de hausses fiscales rendues hélas nécessaires par l’ampleur des déficits qui menaçaient notre souveraineté nationale (la dette de la France, placée sur les marchés financiers, est largement détenue par des fonds étrangers), il est temps désormais d’inverser la tendance. Ainsi, une première tranche de réduction est prévue dés cette année pour les catégories populaires. Elle sera suivie d’une seconde tranche qui visera les classes moyennes dès l’an prochain.

Dès septembre 3,7 millions de foyers dont le revenu ne dépasse pas 1,1 SMIC pour une personne seule ou 2,2 SMIC pour un couple, bénéficieront de cette réforme ; cela représente une réduction forfaitaire de 350 euros pour un célibataire et de 700 euros pour un couple.

A partir du 1er janvier 2015, les cotisations versées par les salariés payés entre 1 et 1,3 SMIC seront réduites, ce qui représente un gain équivalant à 520 euros par an. Enfin un amendement des députés socialistes prolonge l’exonération de la taxe d’habitation et de la redevance pour les plus 60 ans aux revenus modestes.

Ces mesures seront financées par le renforcement des dispositifs contre le fraude et l’optimisation fiscale prises par le gouvernement en novembre 2013.

Les Français ne sont pas les seuls à qui un effort est demandé. Ainsi les économies nécessaires au redressement de nos comptes publics proviendront également de l’État – à hauteur de 18 milliards – , des collectivités locales – à hauteur de 11 milliards – , de la protection sociale – à hauteur de 11 milliards – et de réformes structurelles.

Les dépenses prioritaires que sont l’éducation, la sécurité, la justice, le logement et la défense ne seront toutefois pas concernées. En outre, aucun service public et aucune prestation sociale ne seront supprimés ou réduites. A l’initiative des députés socialistes, les minimas sociaux, les aides aux logements, les pensions de retraites du régime général inférieures à 1200 euros, les indemnités d’invalidité, ou encore la prise en charge des accidents du travail et des maladies professionnelles ne seront pas altérés. Le gouvernement entend également généraliser le tiers-payant à toutes les consultations médicales.

La politique budgétaire du gouvernement de Manuel Valls est résolument de gauche. Elle implique l’effort de tous afin de relancer la croissance de la France et la préservation de notre modèle social qui doit, demain comme hier, demeurer au cœur de nos valeurs et conjuguer solidarité, justice et équité.

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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