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Session du conseil général de La Vendée, 27 et 28 juin 2013 : mon intervention

Budget supplémentaire – Conseil général de la Vendée
Intervention de Mme Sylviane Bulteau, députée, conseillère générale

 

CG1

Monsieur le Président, chers collègues,

Je remercie mon collègue Daniel David de son intervention et pour avoir souligné le rôle fondamental de la parité. Et j’ajouterais que la femme est un Homme politique comme un autre !

Et puisque nous parlons des femmes, permettez moi de saluer ici la libération des trois « femen » emprisonnées en Tunisie et en particulier Pauline Hillier, qui est de La Roche-sur-Yon, et dont les parents habitent sur mon canton. Madame Hillier est une amie personnelle, une de nos collègues, puisque nous avons été élus ensemble avec Pierre Regnault au Conseil municipal de La Roche-sur-Yon en 1989. Vous connaissez mon attachement au droit des femmes. Cet épisode nous rappelle que des femmes dans le monde entier luttent toujours contre différentes formes d’oppression.

Cela fait maintenant trois années que vous êtes à la tête de notre collectivité. Une forme de bilan s’impose me semble-t-il. Depuis trois années, en effet, qu’est-ce que les Vendéennes et les Vendéens ont pu trouver dans la politique du Conseil général comme progrès pour eux-mêmes ou pour leur territoire ?

Avant même votre arrivée à la tête de notre collectivité, en juin 2010, votre prédécesseur, dont vous étiez le bras droit, en charge des finances – il convient de le rappeler -, annonçait la construction de quatre collèges et leurs ouvertures en 2013 (Les Essarts), 2014 (La Mothe-Achard), 2015 (Saint-Hilaire-de-Loulay) et 2016 (Talmont-Saint-Hilaire). Vous avez faite vôtre cette promesse. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Nulle part, hélas. Mon collègue Pierre Regnault reviendra plus en détails sur ce dossier qui tient, vous le savez, tout particulièrement à cœur du groupe socialiste et républicain. Vous nous opposerez sans nul doute des chiffres, comme vous le faites systématiquement, nous exigeons désormais des actes. Vous venez d’évoquer le collège. Je suis conseillère générale depuis 2008 et je siège à son conseil d’administration. Depuis cette date j’entends parler de la rénovation des logements de fonction. Il était temps. Je rappelle d’ailleurs que l’autorisation de programme a été ouverte en 2005. Ça traîne !

Quelques mois plus tard, en novembre 2011, notre assemblée votait un schéma directeur territorial d’aménagement numérique, quelque peu retouché en juin 2012, destiné à assurer la connexion très haut débit ou haut débit des particuliers et des entreprises ; schéma faisant d’ailleurs reposer une large part du financement sur les intercommunalités. La montée en débit devait débuter fin 2012 et le déploiement des prises très haut débit début 2013. Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Vous nous aviez aussi parlé à l’époque d’un grand plan de soutien au sud Vendée. J’en discutais hier avec mon collègue Hugues Fourage. Son verdict : « ni plus, ni moins qu’avant ! » Education, logement, social, petite enfance… que reste-t-il de cette belle promesse.

Mais, M. le Président, il est vrai que vous n’êtes pas resté inactif. Vous avez, en 2010, drastiquement réduit de plus de 2 millions d’euros le montant des subventions allouées aux associations vendéennes. Vous avez plus récemment supprimé l’accompagnement dans les cars de transport scolaire, suscitant au passage une belle pagaille chez les organisateurs secondaires qui n’avaient pas anticipé une telle volte-face de notre collectivité qui, il y a encore peu de temps, encourageait ce système. Chaque année, vous augmentez un peu plus les taux d’imposition des Vendéens afin de financer les dépenses de prestige et de communication de notre collectivité. Et son endettement dû pour une bonne part, il est vrai, à votre prédécesseur. Là encore vous nous parlerez de retombées économiques. Je veux bien le croire, encore qu’il serait bon que nous disposions de chiffres indiscutables… Mais dans un département qui voit son chômage progresser depuis maintenant cinq années consécutives, depuis 2008 – et pas seulement depuis le mois de mai 2012 comme vos amis le répètent incidemment avec une bonne dose de mauvaise foi – il me semble incontestable que la fin ne justifie pas les moyens… Je crois qu’en matière de désengagement, vous n’avez pas de leçon à donner.

Vous avez enfin été très opiniâtre dans votre lutte contre le mariage pour tous. Vos attaques contre le gouvernement et les présidents des deux chambres dont vous avez contesté, avec vos collègues et amis, l’organisation du travail parlementaire, au plus grand mépris de nos institutions, dont vous êtes pourtant un élu éminent, ont – je le dis ici avec force et détermination – contribué à instiller dans notre pays ce climat malsain qui fut le vecteur funeste d’inadmissibles violences dont nous avons d’ailleurs eu des échos, il y a peu en Vendée, à La Roche-sur-Yon, sans parler des menaces violentes adressées aux deux députés socialistes. Ce message posté sur un réseau social lors d’une manifestation hostile au mariage pour tous via le compte officiel du Conseil général ou encore l’utilisation par des militants « anti-mariage pour tous » violents du logotype de notre collectivité, qui n’avait pas à être engagé dans de telles polémiques, reste une tâche sur la Vendée dont vous êtes en partie responsable. Car oui, Monsieur le Président, par votre attitude, par vos paroles relayées lors de moments institutionnels, vous avez divisé les Vendéens !

Vous avez également divisé les Vendéens lors des commémorations du 5 décembre 2012 et plus récemment lors du 220e anniversaire du soulèvement vendéen. L’utilisation politique de l’Histoire n’est pas acceptable. Le devoir de mémoire doit transcender les clivages et ne pas les accentuer. Vous avez fait le choix de mettre les mémoires en concurrence. C’est un choix dangereux car il ouvre le chemin qui mène au communautarisme !

En somme, je souhaiterais vous voir autant à l’offensive, autant déterminé, dans la lutte contre le chômage, notamment celui des femmes, et particulièrement les mères isolées, qui pâtissent plus que les autres de la crise, sur la situation desquelles je ne cesse d’attirer votre attention et pour qui le Conseil général peut agir résolument s’il le décide véritablement. En ces temps de crise économique majeure, je souhaiterais que le Conseil général s’empare des contrats d’avenir ; qu’il finance enfin, comme l’ensemble des départements de la Région, les missions locales et ne se contente pas d’une expérimentation à échelle très réduite pour le retour à l’emploi des jeunes. Inspirez-vous de l’exemple du gouvernement qui, déterminé dans sa lutte contre ce fléau du chômage, donne enfin les moyens humains et financiers à Pôle Emploi de faire face après cinq années de casse de ce service public !

Je souhaiterais en outre que le Conseil général de la Vendée ne se désengage pas du transport scolaire. A ce titre je rêverais de voir notre collectivité accompagner l’effort du ministre de l’Éducation nationale en faveur de la refondation de l’école de la République qui sera demain un vecteur de réussite de nos enfants. Bien au contraire, à des fins purement politiciennes, vous cherchez à contrarier ce beau projet, qui a reçu le soutien des associations de parents d’élèves et de nombreux enseignants, en vous désengageant du soutien à nos communes. Ce sont les petites Vendéennes et les petits Vendéens que vous pénalisez ce faisant. Vous pouvez trouver dans les dépenses de communication, parmi les premières de France, les économies nécessaires à cela.

Car effectivement, M. le Président, vous préférez communiquer. Vous vous êtes récemment transformé en présentateur de radio-crochet, avec un certain talent et même un talent certain. Si j’ai, comme d’autres, apprécié votre prestation – comme celle dont vous nous aviez gratifiés à l’occasion de vos vœux au Vendéspace – les belles paroles ne suffisent pas, elles ne suffisent plus ! Si vous souhaitez soutenir la culture, toutes les cultures, n’hésitez pas à subventionner les nombreuses associations culturelles de nos communes. Comme exemple je vous citerais le festival « Échanges de regards » à Aubigny qui, les pauvres, bénéficiaient d’une malheureuse subvention de 600 euros ramenée depuis à 300 euros. Quelle générosité!

Vous semblez davantage intéressé à critiquer le gouvernement et à manifester – c’est nouveau pour vous ! – ou à vous occuper des futures échéances électorales à La Roche-sur-Yon, en coachant un illustre inconnu qui n’entend rien aux affaires municipales, qui n’habite pas à La Roche-sur-Yon et qui cherche en vain un point de chute après deux échecs électoraux à Olonne-sur-Mer et aux Clouzeaux (c’est le syndrome du nomadisme électoral) pour son ambition personnelle. Quel mépris pour les Yonnais. Tout cela est regrettable car la Vendée, les Vendéennes et les Vendéens ont résolument besoin d’un président disponible pour son territoire. Ce que je vous demande, Monsieur le Président, c’est tout simplement un peu plus d’ambition, non pas pour vous même mais pour inscrire résolument notre département dans le XXIe siècle.

Je vous remercie.

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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