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Inauguration de deux pôles santé aux Pays des Achards

Mardi dernier étaient inaugurées deux belles maisons de santé dans les communes de Beaulieu-sous-la-Roche et de La Mothe-Achard. Présente à cette cérémonie, j’ai profité de l’occasion qui m’était donnée pour dire quelques mots sur le rôle central des collectivités, sur la désertification médicale qui guette notre département et plus globalement sur l’enjeu de la santé, aujourd’hui et demain, en France.

Inauguration du pôle santé de Beaulieu-sous-la-Roche en compagnie de M. le Préfet, M. le Président de la communauté de communes et M. le Maire

En Vendée, plus d’un médecin généraliste sur deux, près de 60%, a plus de 55 ans. C’est le taux le plus important – et de très loin – de l’ensemble de la Région. Beaucoup d’entre eux vont donc partir à la retraite dans les mois ou les années qui viennent et cela sans être remplacés.

On constate tout d’abord que le levier financier ne fait pas tout. Les aides directes à l’installation versées par telle ou telle collectivité n’ont pas forcément très bien fonctionné jusqu’ici. Les jeunes médecins recherchent effectivement un cadre de vie leur permettant de concilier travail, vie de famille et loisirs. Ainsi, plus de 60% des médecins diplômés qui s’installent choisissent le secteur salarié et 10% seulement optent pour la médecine libérale. Les maisons de santé doivent répondre à cette attente en permettant notamment de lever un obstacle devenu rédhibitoire pour les jeunes praticiens : celui des difficultés matérielles à trouver un local, voire du personnel administratif. Elles contribuent aussi à briser l’isolement qui était autrefois l’apanage des « médecins de campagne ». Pluridisciplinaires, elles offrent de surcroît la possibilité de travailler à plusieurs, de confronter les points de vue et même de se faire remplacer au besoin. Professionnellement et personnellement, elles donnent ainsi aux professionnels de santé qui les occupent un gain de confort et donc de meilleurs conditions de travail et de vie.

Pour autant, il ne s’agit pas simplement de construire des murs pour mettre des médecins à l’intérieur. Une réflexion est nécessaire en amont pour constituer tout autour un réseau de soignants permettant de dynamiser un secteur et de rendre un réel service à un bassin de vie dans son ensemble. Car une maison de santé n’est pas seulement un service. C’est aussi un outil parmi d’autres d’aménagement raisonné. Permettant l’accès aux soins dans un souci de proximité, cet équipement irrigue un territoire comme peut le faire une école, un guichet postal, une perception du Trésor public, une agence bancaire, ou encore un commerce… Il participe plus ou moins directement de l’installation ou du maintien de familles et influe de la même façon plus ou moins sensiblement sur l’emploi, et donc globalement sur le dynamisme d’une région, d’un département, d’une commune… L’accueil de stagiaires, les diagnostics de territoire, la mise en place d’un suivi et/ou d’un accompagnement… tous ces éléments, les collectivités locales, en prise directe avec le territoire, savent les prendre en considération. Elles y travaillent au quotidien et je tiens à saluer ce travail primordial de concertation entre des collectivités qui ont à tort été trop stigmatisées ces dernières années.

Néanmoins, si les maisons médicales de proximité constituent une partie de la réponse aux difficultés d’accès aux soins que rencontrent nos concitoyens, elles ne sauraient être la seule et unique solution. L’État, en matière de santé, doit fixer un cap et une ambition. Il faut souligner l’ambition qui anime le gouvernement par l’intermédiaire de Mme Marisol Touraine, ministre en charge de la Santé. Notre objectif et notre ambition est de travailler pour assurer à terme une véritable égalité d’accès aux soins sur l’ensemble du territoire national. La santé est donc, comme l’école ou la justice, une priorité du gouvernement.

L’objectif premier qui a été fixé par le président de la République et le premier ministre est de rendre à l’hôpital public les moyens nécessaires mais aussi l’attention qu’il mérite de la part des pouvoirs publics. Ainsi, un « pacte de confiance » a-t-il été conclu ce mois de septembre avec l’ensemble des professionnels hospitaliers ; responsables, médicaux, soignants, administratifs, socio-éducatifs, techniques. Et ceci, alors que les attentes des Français vis-à-vis de leur système de santé, les nouvelles technologies, les conditions d’exercice des professionnels évoluent sans cesse. C’est pour accompagner ces évolutions et favoriser la nécessaire modernisation de l’hôpital que la notion de service public hospitalier doit être réaffirmée ; que le mode de financement fondé sur la tarification à l’activité doit être modifié, afin de favoriser la justice, l’efficience, la qualité et la transparence ; que le financement de la recherche à l’hôpital doit être réorganisé ; que l’hôpital public doit se repositionner sur ses missions fondamentales – la priorité étant donnée à l’égal accès aux soins pour tous – et trouver pleinement sa place dans des parcours de soins lisibles et organisés, bâtis autour des patients et non plus à partir des structures. La santé n’est pas seulement un coût. Elle doit être considérée comme un facteur de progrès, d’innovations thérapeutiques, de croissance et de performance.

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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