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Rentrée scolaire : 0 pointé pour le gouvernement

Deux magnifiques collèges publics ouvrent leurs portes en Vendée pour cette rentrée 2011. Ne nous y trompons pas, il ne s’agit de collèges supplémentaires, mais pour l’un (Piobetta) d’un transfert sur Aubigny et pour l’autre (Herriot) de sa reconstruction sur le même site.

 Tant mieux pour l’enseignement public vendéen, un collège neuf, équipé en numérique est toujours attractif pour les familles, agréable pour les conditions de travail des enseignants et des personnels, ainsi que pour les élèves.

 Le nouveau président du conseil général a confirmé les annonces de Philippe De Villiers, à savoir la construction de quatre nouveaux collèges publics : Les Essarts, La Mothe-Achard, Saint Hilaire De Loulay (Montaigu) et Talmont Saint Hilaire. Les deux premiers ouvriront successivement en 2014 et 2015, mais rien de précis sur les deux suivants.

 Lors de cette annonce par Villiers en juin 2010 je m’étais exprimée ainsi : « il faut évidemment se réjouir de l’évolution de l’offre de l’enseignement public, laïc et gratuit sur notre département, je dirais qu’il était temps car cette discrimination était devenue intolérable pour toutes les familles qui ne disposaient pas d’un choix leur permettant, comme tout citoyen français, de scolariser leurs enfants dans l’enseignement public. Le long combat mené par les mouvements laïcs, les parents, enseignants, syndicats et élus de gauche – dont nous, ici, et je me permets de mettre cette victoire à notre actif- a enfin porté ses fruits. »

  L’enseignement public n’est ni culturel ni « naturel » pour la majorité de droite du Conseil général. Des efforts seront encore à faire en matière de rénovation notamment, et je pense  au collège des Gondoliers, à La Roche sur Yon, qui n’a fait l’objet d’aucun travaux  (ou presque) depuis 40 ANS ! D’autres territoires sont aussi demandeurs de collèges publics, Mortagne par exemple, ou Saint-Fulgent. Donc ne baissons pas la garde.

 Lors de cette même session de Juin 2010, je m’étais également interrogée sur les moyens futurs qui seraient alloués à ces collèges. En effet à quoi sert de construire des collèges s’il n’y a pas de professeurs pour enseigner ? J’avais alors déclenché l’hilarité générale et méprisante de la majorité départementale ; je suis heureuse de constater qu’aujourd’hui M. Retailleau s’interroge lui aussi (cf. OF du 3/09/2011) ! Pourtant, lui et ses amis, sénateurs et députés de l’UMP, soutiennent les lois de M. Sarkozy et notamment la fameuse RGGP qui impose au service public (et surtout à l’Education Nationale) le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Une incohérence de plus dans la droite vendéenne.

 Le climat de rentrée dans les lycées ne se distingue pas fondamentalement de celui des écoles et des collèges et peut se résumer en deux mots : mécontentement et désarroi.

Sur les moyens de l’Education Nationale

16 000 postes sont à nouveau supprimés à cette rentrée. De 2007 à 2011, plus de 66 000 ont été supprimés qui s’ajoutent aux 30 000 supprimés entre 2002 et 2007. Jamais l’Education Nationale dans son histoire n’a connu une telle vague de suppressions d’emplois qui témoigne du « choix présidentiel de réduire les effectifs de la fonction publique au nom de l’équilibre des finances de l’Etat ».

Certes les moyens ne sont pas tout, il convient de s’interroger sur leurs usages, mais nous sommes arrivés à un point critique d’affaiblissement de la formation de notre Nation.

Sur les coûts de la rentrée

 Selon les associations de parents d’élèves, le coût des fournitures scolaires augmenterait de 7 % (notamment entrée 6ème, entrée 2nde), surcoût que ne prendrait pas en compte l’allocation de rentrée scolaire.

Les mécontentements répétés depuis plusieurs années et qui se traduiront par une grève le 27 septembre des organisations syndicales d’enseignants expriment cependant quelque chose de plus profond : un désarroi des communautés éducatives, désormais teinté chez certains de résignation, chez d’autres de lassitude.

Jamais les officines privées d’aides aux études n’ont fait autant d’affaires, jamais le nombre de postes non couverts aux concours 2011 d’enseignants n’a été aussi élevé. Au-delà d’une utilisation à des fins d’ajustement économique de l’Education Nationale, c’est d’abandon des valeurs de l’école laïque, creuset de la République, dont il s’agit.

 

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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