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Congrès national UNC à La Roche Sur Yon

Ils étaient près de 4000 anciens combattants, hier dans la grande halle des Oudairies, pour le 86 congrès de l’UNC. Sur la photo, au premier rang on distingue notre ami Jacques Floch, ancien secrétaire d’Etat aux anciens combattants, sous le gouvernement Jospin.

 

 

Congrès national de l’UNC – le texte de mon intervention

Avant toute chose, je vous prie de bien vouloir excuser le Président Jacques Auxiette qui n’a pu se joindre à nous pour votre congrès. Il vous remercie sincèrement de votre invitation, du choix des Pays de la Loire pour l’organisation de votre Congrès et vous souhaite de bons travaux.

Remercier et féliciter le président Leboeuf, les bénévoles et tous les membres de l’UNC pour cette magnifique organisation.

 Si la politique de défense nationale est une compétence exclusive de l’Etat, aucune collectivité locale, aucun territoire, aucun décideur public, ne peut demeurer insensible aux thématiques soulevées par votre association.

Le Conseil régional des Pays de la Loire a souhaité, à son échelle, s’associer au devoir de mémoire à travers une action éducative qui permet chaque année à des lycéens de découvrir le camp d’Auschwitz, à travers les financements des drapeaux des Soldats de France (que je salue particulièrement), ces drapeaux qui portent en eux des symboles qui nous touchent, au plus profond de notre conviction républicaine. Ils portent en eux l’esprit de solidarité et l’engagement citoyen, le devoir de mémoire et la volonté de ne pas retomber dans les errements du passé.

 Vous le voyez, le conseil régional des Pays de La Loire s’engage à vos côtés et à titre personnel je dois vous dire mon émotion, m’adressez à vous, si nombreux aujourd’hui, me fait mesurer combien ma génération a la chance de n’avoir pas connu la guerre dans son propre pays, mais je sais qu’elle meurtrit les corps et les âmes et mon enfance a été baignée de l’histoire des miens, en particulier de celle de ma grand-tante, rescapée du camp de Ravensbrück. Pour cela je voulais vous dire merci.

 Cofondée par un illustre vendéen, homme d’Etat, amoureux de la République, Georges Clemenceau, aux côtés du Père Brottier, l’Union Nationale des Combattants a montré, tout au long du 20ème siècle, son attachement à la solidarité entre les hommes, à la promotion du dialogue et du civisme, à la défense de notre pacte républicain et des intérêts supérieurs de la Nation. Solidarité à travers vos actions sociales et plus près de nous votre action envers les sinistrés de Xynthia.

 Vous êtes, vous les anciens combattants, les témoins et la mémoire vivante des épreuves traversées par notre pays au cours du XXe siècle. Des tranchées de Verdun, hier, à la vallée de la Kapisa, aujourd’hui, les citoyens français n’oublient pas ce qu’ils doivent à leurs soldats. Ces soldats qui ont souvent fait preuve d’un esprit de sacrifice ayant permis à notre pays de surmonter bien des périls après avoir frôlé à plusieurs reprises l’anéantissement ; ces soldats de tous horizons qui ont – individuellement ou collectivement – hautement contribué à empêcher la France de perdre son âme dans des combats étrangers aux véritables valeurs françaises que sont la démocratie, l’ouverture à l’autre, l’égalité et le respect des droits individuels et humains.

 Unir les combattants comme vous le faites à travers votre organisation, c’est avant tout reconnaitre que ces femmes et ces hommes, qui n’avaient ni les mêmes origines, ni la même condition sociale, ni d’ailleurs les mêmes convictions politiques, ont écrit, ensemble la même Histoire. Cette histoire, c’est celle du refus de la haine, sous toutes ses formes.

Lazare Ponticelli, le dernier « poilu » français mort en mars 2008 à l’âge de 110 ans, était un immigré italien qui fit le choix de la France, s’engagea dans la Légion étrangère à 17 ans et n’obtint la nationalité française qu’en 1939 seulement. Ce cas individuel a valeur de beau symbole. Il donne beaucoup de sens aux propos de Romain Gary qui a écrit : « le patriotisme c’est l’amour des siens, le nationalisme la haine des autres ».

 Chaque acte relevant du racisme, de l’antisémitisme, ou de toute autre forme de discrimination, est une offense à la mémoire des héros de la Grande Guerre et de la Libération, n’ayons pas peur de le dire.

Cette histoire, c’est aussi celle de la cohésion sociale et de l’unité de notre communauté nationale et républicaine, face à l’injustice la plus criante, face à l’immonde, face à la barbarie.

 Mais être fidèle à l’esprit de la Résistance et de la Libération, c’est surtout agir pour la paix et la fraternité entre les hommes. C’est poursuivre la construction de l’Europe, symbole s’il en est, de la victoire de l’esprit sur la force et de l’audace de la paix sur la fatalité de la guerre. C’est porter l’idéal de fraternité et les valeurs de solidarité sur lesquelles le Conseil National de la Résistance, durant la Seconde Guerre mondiale et à la Libération, fonda la reconstruction de la France, notre modèle social et les droits et libertés qui en découlent.

 Alors que nous venons de connaître une crise sociale d’une violence inouïe, et notre département n’y a hélas pas échappé; que la globalisation des échanges n’a pas mis fin aux violences et à la guerre entre les peuples ; que la démocratie n’est encore, dans bien des Pays, qu’une légende que l’on raconte aux enfants (ces enfants devenus jeunes adultes et qui ont porté ce qu’il est convenu d’appeler le « printemps des peuples » au Maghreb et au Moyen-Orient),… les valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité n’ont rien perdu de leur force !

 Comment ne pas avoir une pensée pour ces jeunes Français qui, de par le monde, servent souvent au péril de leur vie ; en Afghanistan notamment où 59 d’entre eux y ont trouvé la mort ? La guerre est une réalité, encore de nos jours, pour notre pays ; notre pays qui assume ses responsabilités dans le respect des valeurs fondatrices de la République française.

 Clémenceau disait qu’il « est plus facile de faire la guerre que de faire la paix ». Mais si le recours à la force armée est parfois inéluctable, le rétablissement de la paix et du dialogue entre les peuples, aux 4 coins du Globe, restent les objectifs qui doivent nous guider et nous conduire sur les chemins d’un monde nouveau, solidaire et « uni comme au front ».

 Je vous remercie

                                                                                                        Sylviane Bulteau

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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