Format d'article

Justice en Vendée : bilan et perspectives

Comme tous les ans depuis 2004, je représentais hier matin Jacques Auxiette à la rentrée solennelle du Tribunal de Grande Instance de La Roche Sur Yon. L’occasion pour les magistrats de faire le bilan de l’année écoulée et de tracer des perspectives.

 Le procureur a pointé la forte hausse des cambriolages en 2010, l’inadmissible insécurité routière qui dans ce département a vu le nombre de morts sur la route augmenter (63 morts en 2009, 70 en 2010) alors qu’il baisse en France. Ce sont toujours les mêmes causes qui mènent à ces accidents mortels : l’alcool, la drogue et la vitesse. La triste spécificité vendéenne c’est aussi les accidents avec multiples victimes dans le même véhicule.

La répression envers les pourvoyeurs d’alcool mais aussi envers les consommateurs va s’accentuer, mais le procureur ne perd pas de vue la nécessaire prévention. Sur ce sujet il faudra encore plus travailler avec tous les services concernés et notamment ceux touchant à la jeunesse.

Les violences intra familiales et plus particulièrement conjugales sont malheureusement toujours sur le podium de tête et là aussi il est plus qu’indispensable de renforcer la lutte et de  permettre aux femmes de rester à leur domicile en éloignant le conjoint.

En 2010, le TGI a signé une convention avec l’association de La Sauvegarde 85 pour mettre en place des stages de citoyenneté qui s’adressent aux hommes non récidivistes qui sont passés à l’acte. Une forme de prévention. Une autre convention avec la même association effectue également des stages de sensibilisation auprès des usagers de stupéfiants.

La Présidente du tribunal propose pour cette année 2011 plusieurs pistes de travail :

–          la fondation d’une véritable médecine légale dans le département car actuellement tout se fait au CHU de Nantes, entrainant des coûts et des retards certains dans ce domaine.

–          La construction d’une nouvelle prison en Vendée afin d’accueillir détenus et personnels pénitentiaires dans de bonnes conditions.

–          La création du bureau d’aides aux victimes  avec l’association ADAVIP (Association d’aides aux victimes d’infractions pénales), qui doit accompagner les victimes dans la compréhension des décisions de justice, dans le déroulement des procès…

–          La mise en place en Vendée d’un Conseil Départemental de l’Accès aux Droits. En France métropolitaine, seuls quatre départements ne disposent pas de CDAD dont la Vendée bien sur ! Cette structure est chargée dans un département de définir une politique d’accès au droit. Le C.D.A.D. comprend plusieurs partenaires : autorités judiciaires, Préfet, Conseil général, avocats, notaires, huissiers de justice, association départementale des maires, association intervenant en matière d’accès au droit (Exemple : association de consommateurs, d’aide aux victimes)… Il pilote et coordonne les actions en matière d’accès au droit dans le département.

On constate que la majorité des délits dans notre département (cambriolages, violences aux personnes, alcoolisme)  sont liés à la situation sociale dégradée que connaît notre pays. Quand une nation n’est plus capable d’assurer la prise en charge des plus en difficultés, il ne faut pas s’étonner de la monter des violences.

La suppression des services publics, le désengagement financier de l’Etat dans bon nombre de domaines (insertion, aide aux associations, éducations, suivi des jeunes…), sont les premiers responsables de la situation. Les faits sont inexcusables, bien sur, mais si notre société doit mieux punir elle doit aussi mieux prévenir et en la matière la France a encore des marges de progression !

Plus d’égalité et d’accès aux droits, la remise en route de l’ascenseur social, seraient, n’en doutons pas, un formidable accélérateur de justice sociale qui participerait, je l’espère,  d’une décrue de la violence.

Merci en tous cas aux fonctionnaires de la Justice qui malgré des moyens en baisse constante font leur travail le plus consciencieusement possible. Un des « sports » favoris de la droite est de critiquer les fonctionnaires et surtout de les supprimer (Education nationale, hôpitaux..)  alors que la situation économique et sociale réclame plus de service public et un meilleur bouclier social.

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

Laisser un commentaire