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Politique fiction ?

A l’heure où j’écris ces lignes je viens d’apprendre, comme tous les vendéens, la démission de Philippe De Villiers, à la fois de la présidence du Conseil Général et de son mandat de conseiller général.
Depuis plusieurs mois la tension au sein de l’exécutif départemental était palpable et ces derniers temps les langues se déliaient volontiers en défaveur du président. C’est certes un évènement important pour la Vendée dans le sens où cette démission met fin au système Villiers, met fin à l’isolement de la Vendée tant sur le plan national, régional, voire européen.
Enfin la Vendée va pouvoir reprendre le dialogue autour des grands dossiers vitaux pour notre département : l’éolien offshore, le label du Marais Poitevin, l’Etablissement Public Foncier Régional, l’emploi, les solidarités, autant de sujets bloqués par Villiers ou tout simplement sacrifiés sur l’autel de l’événementiel et de la communication.
MAIS….n’est-ce pas là un « coup » politique destiné à reprendre la main sur les futures échéances cantonales ? Villiers a compris qu’il n’était plus majoritaire au sein de son exécutif et qu’en mars 2011 il était certain de perdre son siège de président au profit de Bruno Retailleau. Alors il tente le tout pour le tout, il nous refait le coup du « Puy de Fou » de ces derniers mois « vous êtes avec moi ou contre moi », la manœuvre a payé puisque Retailleau a été éjecté de l’association puyfolaise.
Pourrait on avoir la surprise de voir dans les prochaines heures un « appel » du peuple vendéen (appuyé par ses fidèles lieutenants Souchet, Besse…) du style : « reviens Philippe, sans toi la Vendée n’est plus rien, sans toi point de Vendée Globe, de Tour de France, de Puy du Fou.. ». Ce grand mouvement populaire qui se lèverait serait l’occasion pour Villiers de revenir sur l’air de « puisque vous me le demander je reviens sauver la Vendée » !
Politique fiction ? A voir. Entre aujourd’hui et les futures échéances électorales Villiers à cinq long mois de tranquillité pour préparer des « hommes » à lui sur les cantons renouvelables, pour compter ses troupes et éliminer les traitres à la cause. Après tout, ne nous dit-il pas dans son courrier qu’il est encore jeune « j’ai 61 ans », qu’il est en bonne santé « je suis guéri », et surtout que la Vendée est sa « créature ». Comment pourrait-il laisser tomber tout ça ?
Quelle que soit la suite des évènements il importe surtout que les vendéennes et les vendéens mesurent bien le pouvoir de décision qu’ils auront en mars 2011. L’alternative que peut offrir la gauche dans ce département serait sans conteste la meilleure solution pour sortir notre département de son ridicule isolement, pour réorganiser une vraie politique de solidarité, pour donner aux entreprises et aux salariés un autre souffle dans une économie mondialisée qui doit privilégier la formation, la recherche, l’innovation, l’internationalisation.
A suivre….

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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