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Déconstruire les idées reçues

La région des Pays de La Loire est adhérente de l’association  nationale « Elu/es contre les violences faites aux femmes ». Cette association a fait paraître en juin 2010 une brochure à destination des élu/es : Déconstruire les idées reçues sur les violences faites aux femmes.

Cette brochure tente de mettre à l’épreuve un certain nombre d’idées reçues, de représentations erronées, sur la violence faites aux femmes. Il s’agit ici de déconstruire les préjugés sur la violence envers les femmes : « c’est un problème privé ; la violence est un conflit comme un autre ; un conjoint violent reste un bon père ; les hommes ont aussi victimes de la violence des femmes » et les représentations sexistes : « elle l’a bien cherché quand même ; ce n’est pas sa faute, il est victime de pulsions ».

La violence envers les femmes n’est pas une affaire privée mais un fait social lourd, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint. 83 % des agressions sexuelles sont exercées par des personnes connues des victimes dont elles n’avaient aucune raison de se méfier : conjoint, frère, père, oncle, grand-père..elles sont principalement commises au domicile de la victime ou de l’agresseur. Les enquêtes montrent que ni l’apparence ni le comportement ne constitue un facteur d’exposition aux violences, « elles ne l’ont donc pas cherché » !

Les agresseurs sont le plus souvent des hommes socialement bien insérés et non des psychopathes, alcooliques ou dépendants sexuels comme les désignent certains discours.  Par exemple les agresseurs qui commettent leurs crimes sur leur lieu de travail, appartiennent plus particulièrement à certaines professions qui permettent une autorité ou un ascendant :

– les professions médicales et paramédicales
– les métiers de l’enseignement, de l’animation et de la petite enfance
– les métiers à responsabilité d’encadrement (PDG, ingénieur, gérant de bar, entrepreneur, chef de service..)
– les métiers de la loi et de l’ordre (policier, militaire, gendarme, parlementaire, maire..)

La notoriété et l’apparente respectabilité dont ils bénéficient en tant que professionnels facilitent leurs abus de pouvoir et l’occultation de leur violence. Rappelez-vous, le député-maire de Thionville qui s’est suicidé après avoir assassiné sa maitresse et pour qui l’Assemblée Nationale a fait une minute de silence (scandaleux) !

Il faut donc construire des politiques efficaces de protection, de prévention, de réparation pour les victimes, c’est pourquoi il faut continuer à sensibiliser, à former les professionnels, à éduquer les jeunes à l’égalité et à communiquer sur les politiques publiques menées. Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, les associations sont les partenaires incontournables des élu/es, c’est le sens du travail que j’ai mené à la Région avec le Plan Egalité Femmes/Hommes.

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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