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L’industrie française a encore un avenir grâce aux régions

Lundi j’ai reçu, avec ma collègue Françoise Gentil (territoire de Nort sur Erdre,) les syndicats de la SAMRO (sites de Fontenay et Nort sur Erdre). Depuis le début de la crise les immatriculations de poids lourds sont en baisse de 49 %. On pourrait naïvement se réjouir de ce chiffre en arguant du fait qu’il y a donc moins de camions sur les routes, malheureusement derrière tout ça il y a tout une filière qui souffre et des ouvriers qui n’ont plus de travail. La SAMRO a procédé à 163 licenciements, 45 sur le site de Fontenay, 73 à Nort Sur Erdre et 45 à Balbigny.

 

manif-samro-320x200 La région était venue au secours de l’entreprise en octroyant une avance remboursable d’un millions d’euros (découlant du plan anti crise) permettant ainsi d’assurer les payes de l’été. Depuis il est devenu très difficile de travailler avec l’entreprise alors que nous avons ardemment participé (en septembre) au projet de mise en place d’un plan de formation pour le personnel en chômage technique.

 

Les syndicats refusent que les ouvriers servent de variable d’ajustement à l’allègement de la masse salariale, par un plan de formation qui ne correspondrait à aucun besoin, ni souhait des principaux intéressés. C’est pourtant ce que pratique la direction en envoyant, par exemple, 24 personnes en formation soudure (dont 6 qui ne sont pas d’accord), formation uniquement théorique car pour la pratique il n’y a même pas le matériel nécessaire !

 

L’argent public est venu aider de cette entreprise. Aujourd’hui, avec les syndicats, nous réclamons des garanties, de l’information et de la transparence. L’éco-conditionnalité sera un point fort du projet de la gauche pour les prochaines régionales. L’exemple de la SAMRO nous le rappelle à chaque instant.

 

Vigilance également en ce qui concerne la « revitalisation du Sud Vendée » ; j’ai participé au comité stratégique du 30 novembre dernier et  l’Etat  promet 1,5 millions d’euros pour le Contrat de Transition Professionnel qui concerne 6 cantons du Sud Vendée ; on nous annonce également l’ouverture d’un site Pôle Emploi dédié avec un conseiller pour 30 salariés. Très bien mais ce CTP ne devrait concerner que 90 « adhérents » comme le dit l’Etat.

 

Parallèlement SKF et le groupe Girard sont dans l’obligation de financer les congés de reclassement et une convention de revitalisation, suite à la fermeture des deux entreprises ; ici aussi méfiance puisqu’il semble que le groupe Girard n’a pas la capacité financière à s’acquitter de son obligation, quant à la convention de revitalisation de SKF on se souvient encore de la dernière (j’y participais) qui finançait un cabinet de consultants plus enclin aux belles paroles qu’aux réalisations concrètes.

 

L’avenir industriel de notre région est entre nos mains. Face à un président de la République qui ne montre aucune volonté de conserver nos industries en France, qui a un bilan économique nul (pas d’argent pour l’investissement, la formation, la recherche et l’innovation, l’internationalisation des entreprises) et qui préfère soigner la finance et la rente (bouclier fiscal, cadeaux de la taxe professionnelle) les régions s’engagent.  Jacques Auxiette l’a redit samedi à la Convention Nationale des socialistes à Tours : « les socialistes croient que l’industrie a encore un avenir en France ».

http://www.lesregionsquonaime.fr/nos-propositions

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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