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Privatisation de La Poste : le combat de la gauche syndicale, politique et associative

cdpptCet après-midi se réunissait la Commission Départementale de Présence Postale Territoriale (CDPPT) dans laquelle je siège au titre de la région. Le collectif vendéen contre la privatisation de la Poste avait demandé à être reçu et entendu par la Commission ; quinze petites minutes leur ont été accordées pour expliquer la démarche de lutte contre la privatisation.

Madame Jacqueline Roy, conseillère générale et présidente de la commission nous avait demandé de ne pas avoir de débat avec les représentants du collectif, juste d’être à leur écoute. En ce sens j’ai proposé, à l’issue de l’intervention du collectif, que notre commission émette un vœu à destination du Président de la Poste, Mr Bailly :

« la CDPPT de Vendée prend acte du vote des vendéens  exprimé le 3 octobre dernier lors de la votation citoyenne. Consciente de l’inquiétude des vendéens elle se prononce contre le changement de statut de la Poste et transmet ce souhait au président Bailly »

Vous le voyez rien de très violent ni de très gauchiste pour cette commission composée de fonctionnaires de la Poste (qui n’auraient pas pris part au vote) et de Maires représentants des communes de tailles différentes. La Présidente et ses amis (de -droite- mais- qui- ne -font -pas- de -politique)  ont refusé de mettre ce vœu au vote au prétexte que tout le monde soutien déjà (bin voyons) la Poste et « qu’il  faut bien des évolutions à la Poste parce que tout ne va pas bien » ; de plus, pour eux, la votation citoyenne n’était pas légale, donc l’expression de toutes ces personnes n’avait pas grand sens !

Pourtant dans la discussion qui a suivi et qui concernait l’ordre du jour de la commission, le désengagement de l’Etat, le toujours moins de service public apparaissait au grand jour : lorsqu’un bureau de Poste est transformé en Agence Postale Communale, la Poste verse à la Mairie une contribution de 850 €/mois. Evidemment le compte n’y est pas car la commune prend à sa charge les frais de personnel, les frais de fonctionnement et d’entretien du bâtiment et du matériel, etc…Pire encore, la continuité du service public n’est pas assuré, car si le personnel est absent (maladie, congés..) il n’est bien sur pas remplacé faute de moyens des petites communes.

Effectivement tout ne va pas bien dans le service public postal et ce changement de statut n’augure rien de bon pour l’avenir.

Les sénateurs socialistes ont fait adopter vendredi cinq amendements présentés par le groupe socialiste, les membres de l’opposition étant pendant un bref moment plus nombreux dans l’hémicycle que la majorité, à l’occasion de l’examen du texte sur le changement de statut de La Poste.

Ces amendements, qui portent sur l’article 2 du projet de loi, ont été adoptés contre l’avis du rapporteur, le sénateur UMP de Haute-Savoie Pierre Hérisson, et du ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire, Michel Mercier.

Deux des modifications votées consistent à rajouter les mots « entièrement » et « unique » au texte initial, qui devient ainsi : « La Poste et ses filiales constituent un groupe entièrement public unique qui remplit des missions de service public ».

Un autre amendement précise que « ces missions de service public s’exercent du lundi au samedi, dans le respect des intérêts des usagers ». « Si l’amplitude d’ouverture était mieux adaptée aux besoins des usagers, cela éviterait la dévitalisation de nombreux bureaux de poste », a ainsi expliqué le sénateur socialiste Martial Bouquin.

Le Sénat a également adopté cette précision: « le financement intégral et pérenne des missions de service public remplies par La Poste est garanti ».

Enfin, le dernier amendement insère cette phrase: « les réseaux postaux ont une dimension territoriale et sociale importante qui permet l’accès universel à des services locaux essentiels ».

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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