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Solidarité avec les SKF et le Sud Vendée

skf1-640x4801« Nous sommes tous des SKF » C’est ainsi qu’Hugues Fourage, maire de Fontenay Le Comte a conclu son intervention jeudi dernier, à l’issue de la manifestation qui rassemblait salariés et élus du Sud  Vendée.

skf2-320x200Personne ne peut admettre la fermeture de cette entreprise qui pour 2008 a généré 40 millions d’euros de bénéfice (groupe SKF France) ! 380 salariés jetés à la rue sans autre forme de procès, tout ça pour continuer à engraisser un peu plus les actionnaires du groupe.

C’est un sentiment de colère et d’injustice qui prédominait dans la manifestation de jeudi, j’ai pu moi-même exprimer ce sentiment au nom de la région et du Président Jacques Auxiette. Avec les leaders des syndicats nous avons également convenus que les SKF viendraient manifester le lendemain à Chantonnay, siège de la session décentralisée du Conseil Général.

En effet, puisque le conseil général n’est pas venu à la manifestation des SKF, ce sont les SKF qui iront au conseil général !

Après une heure d’entretien entre la majorité départementale et les syndicats la session a pu démarrer et chacun (majorité et opposition), en toute responsabilité, a fait une intervention liée évidemment aux évènements.

Vous n’avez rien vu dans la presse pour ce qui concerne mon intervention ou celle de Pierre Regnault ? C’est normal, depuis longtemps maintenant Ouest-France fait comme s’il n’y avait pas d’opposition lors des sessions décentralisées ! Bien sur ce n’est pas normal, c’est scandaleux et anti démocratique. Mais, avec Pierre, nous aurons l’occasion de nous expliquer avec la direction de la rédaction.

Heureusement il y a les blogs, le dernier moyen de liberté d’expression dans ce département !

Vous trouverez ci-dessous le texte intégral de mon intervention (ou bien le lire en suivant le lien suivant : intervention-session-cg-19-juin-09

« Monsieur le président,
Chers collègues,

Hier j’ai marché avec les SKF à Fontenay Le Comte par solidarité avec les salariés de cette entreprise.

Comment ne pas être en colère en constatant cette catastrophe humaine, sociale, économique qu’est la liquidation pure et simple d’une entreprise qui compte 380 salariés. Mais le massacre ne s’arrête pas là puisque les dommages collatéraux impacteront au moins 750 emplois liés directement à la sous traitance ; je n’oublie pas d’ailleurs que dans ces sous-traitants figurent aussi un CAT et nous connaissons les difficultés que rencontrent les personnes handicapées dans le domaine de l’insertion professionnelle.

Comment admettre cette fermeture alors que l’entreprise SKF France a généré 40 millions d’euros de bénéfice en 2008, si ce n’est, une fois de plus, pour « engraisser » les actionnaires, donc le capital,  qui prend le pas sur le travail de ceux qui ont donné leurs compétences, leur savoir faire tout au long de ces années.

Ces dernières années nous avons été abusés avec une soi disant convention de revitalisation, financée par l’entreprise et pilotée par l’Etat ; j’y siégeais au titre de la région. Et là encore  c’est un sentiment de gâchis et d’écœurement qui prédomine ; beaucoup d’argent a circulé entre les mains d’un cabinet privé chargé de prospecter pour l’implantation d’entreprises, mais au bout pas grand-chose, point de revitalisation mais plutôt une « dévitalisation ». Cet argent aurait pu être employé à la reconversion des salariés, la formation, voire la recherche et l’innovation.

Ce qui me conforte dans l’idée de réclamer  plus de contrôle de la part des élus locaux sur ce genre de dispositif. Depuis plusieurs mois ceux qui sont au pouvoir dans ce pays ne cessent de nous parler de régulation, de contrôle, de moralisation du capitalisme….là encore beaucoup de paroles mais peu de d’actes. La dernière provocation en date est venue de Mr Hortefeux qui veut repousser l’âge de la retraite à 67 ans ! Encore faudrait-il que les salariés puissent avoir un emploi pour travailler jusqu’à cet âge là !

Pour autant, nous les élus locaux, nous ne devons pas nous laisser aller au désespoir ; au contraire nous devons prendre toute la mesure de l’ampleur de cette crise et réagir.

C’est d’abord la solidarité avec les ouvriers, les salariés de tout le département qui sont touchés par les licenciements, le chômage partiel, les fins de contrat…

La solidarité c’est soutenir le pouvoir d’achat des ouvriers licenciés et de leurs familles : le conseil général sur plusieurs de ses compétences peut décider d’aider les familles ponctuellement par des aides au logement, des aides aux jeunes en difficulté, des aides aux centres de loisirs, des aides à la restauration scolaire dans les collèges, la gratuité des transports scolaires…Aujourd’hui il ne s’agit plus d’aider uniquement les populations défavorisées mais de « changer de braquet » et de soutenir aussi les classes moyennes populaires dont on nous dit, par exemple, qu’une majorité d’entrer elle ne partira pas en vacances faute de moyens.
Et puis la solidarité c’est aussi l’investissement : par exemple la construction de collèges publics, le renforcement et l’élargissement des contrats environnements ruraux. Fontenay le Comte est exclu de ce dispositif comme toutes  les communes de plus de 3500 habitants.

Je vous propose de créer pour ces communes un vaste programme d’intervention pour l’investissement communal qui permettrait d’aider à remplir les carnets de commande des entreprises locales, donc de préserver, voire de créer de nouveaux emplois en particulier dans le Sud vendée.

La solidarité territoriale n’a pas de frontières cantonales ! Ceci a été fortement exprimé hier lors de la manifestation. Certains évoquaient même un sentiment d’abandon du territoire.

Alors puisque j’ai vu que dans les rapports que nous examinerons vendredi prochain, qu’ il est prévu d’augmenter de 100 000 euros la subvention à Vendée Expansion, afin de recruter un chargé de mission  prospection économique, je propose que cette personne intervienne en priorité sur le territoire du Sud vendée.

Je voudrais terminer mon intervention par une note positive et comme nous sommes à Chantonnay permettez moi de  saluer et de féliciter les lauréats du concours de la Résistance et de la Déportation, dont la remise des prix avait lieu hier à La Roche sur Yon : 3 élèves de terminale du lycée Clémenceau de Chantonnay ont reçu ce prix.

Je vous remercie. »

prix-resistance-1-320x200Discours du Préfet devant les jeunes lauréats du Concours de la Résistance et de la Déportation.

 

 
Une nouvelle manifestation est prévue le 27 juin à 11 h, rendez-vous sur le site de SKF. Venez nombreux.

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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