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Protection de l’enfance : obligatoire et prioritaire pour les départements

Ce soir j’étais invitée à l’inauguration de la Maison Départementale des adolescents. Cet établissement est géré par le centre Hospitalier Mazurelle (spécialisé en psychiatrie), il est d’ailleurs dirigé par un médecin psychiatre. Le Conseil général, l’Etat et l’Urcam en  sont les principaux financeurs.

C’est un lieu d’accueil, d’écoute et de prise en charge des adolescents et de leurs familles. Nous savons tous que l’adolescence peut être une période difficile occasionnant des troubles, des crises et parfois des passages à l’acte devant lesquels les parents se sentent désarmés.

Il y a tout juste un an (le 28 décembre exactement) je m’étais mobilisée contre la fermeture du Relais Accueil Jeunes, que le conseil général souhaitait « liquider » au prétexte d’ouvrir la Maison Départementale des Adolescents (cf article du Blog classé au mois de janvier 2008).

Il n’était pas question pour moi d’opposer les deux structures mais bien d’affirmer qu’elles étaient complémentaires. Le soin à la Maison départementale, le social au Relais. Dans mon programme des cantonales j’avais également suggéré qu’une antenne mobile du Relais puisse être mise en place afin de créer un lien avec la population adolescente en milieu rural.

Rien de tout ça bien sur ne se fera et je crains que la Maison départementale ne soit rapidement plus en capacité de répondre à toutes les demandes des vendéens.

La crise frappe fort, en Vendée également. Un exemple récent : conséquence de la liquidation judiciaire de la Camif à Niort (Deux-Sèvres) le mois dernier, l’entreprise de transport Girard-Thoinard de Saint-Martin-de-Fraigneau va mettre ses salariés en chômage partiel. Les 200 salariés vendéens vont subir une semaine de chômage toutes les cinq semaines.

Les familles vont être inquiètes, déstabilisées, en proie à des difficultés financières et sociales graves. L’équilibre familial va en être bouleversé, j’en ai peur. N’est-ce pas le rôle alors de la puissance publique d’épauler autant que possible  parents et enfants dans la tourmente ?

C’est là que nos deux structures auraient pu intervenir et faire un vrai travail complémentaire de soutien et d’accompagnement.

Je déplore une fois de plus que le conseil général ait fermé, par idéologie,  le Relais Accueil Jeunes. Je m’inquiète également du sort qu’il réserve à la Sauvegarde de l’Enfance qui œuvre elle aussi, depuis 50 ans, dans la prise en charge des familles et des enfants en difficulté.

 En cette période de crise profonde il faut au contraire consacrer l’argent public aux compétences obligatoires de la collectivité. La protection de l’enfance et de l’adolescence en est une, prioritaire.

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Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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