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Session décentralisée du Conseil Général : « jackpot » pour le canton

La session décentralisée du Conseil général se tenait hier à Commequiers, dans le canton de Saint-Gilles Croix de Vie. Devant une salle comble Philippe De Villiers a fait son « show » habituel (mes collègues de l’opposition m’avaient prévenu).

Sa hotte de Père Noël était pleine avant la date, le « jackpot » en quelque sorte pour le canton ! On aimerait que chaque canton soit traité de la même façon, on aimerait que les collèges publics, le social, les communes…bénéficient d’autant d’attention et de financements.

Ci-dessous le texte mon intervention au titre de l’opposition , c’est un peu long mais j’avais beaucoup de choses à dire pour ma « première » !

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Monsieur le président,
Chers collègues,

L’ouverture de cette session est l’occasion pour moi de m’exprimer pour la première fois dans cette assemblée comme conseillère générale de la Vendée et je suis très honorée de représenter, ici, les habitants du canton de La Roche sur Yon Sud. Mais je ne me contenterai pas uniquement de ce rôle, mes amis et moi-même du groupe d’opposition, entendons bien être à l’écoute de tous les vendéens, quel que soit leur canton, entendons également être une opposition constructive et combative et porter ici les revendications de ceux qui ne se retrouvent pas dans votre politique, qui souhaitent un développement harmonieux et solidaire de la Vendée.
La situation sociale et économique dans laquelle se trouve aujourd’hui notre pays rend la vie difficile pour beaucoup de familles. La Vendée n’est pas épargnée par ces difficultés et une collectivité territoriale comme le conseil général peut et doit, à travers ses décisions politiques, soutenir nos concitoyens.

Je voudrais revenir quelques instants sur les jours qui ont suivi les résultats des élections cantonales, puisque, Monsieur le Président, à cette occasion, vous aviez donné une conférence de presse concernant vos priorités pour le département de la Vendée.

Vous disiez l’emploi ça va : certes le taux de chômage est faible et les créations d’entreprises se portent bien, mais les salaires sont faibles eux aussi, les conditions de travail difficiles pour beaucoup de salariés, l’activité syndicale maltraitée dans certaines entreprises. Ajouter à cela une forte augmentation des prix de l’alimentaire, des carburants, du foncier et vous trouvez sur notre territoire départemental des familles en difficulté, en précarité, c’est cela aussi la Vendée.
La Vendée est aussi championne en matière d’emplois intérimaires, premiers touchés en cas de crise, et industriels qui plus est, ce qui laisser planer sur notre économie départementale une incertitude pour l’avenir.

Dans cette interview vous nous disiez également que le défi à relever dans les années à venir est celui de la qualité de vie, de l’habitat, de l’environnement.

Certes vous vous apprêtez à lancer, à grand renfort de communication, un Plan Vendée sans OGM et à lancer un programme d’aide en faveur de l’agriculture biologique, vous rejoignez ainsi les collectivités qui soutiennent, depuis longtemps déjà, le développement du bio, mais Un label ne fait pas une politique !

Le Conseil général nous annonce un nouveau label : « Vendée sans OGM ». Force est de constater que ce n’est pas le cas aujourd’hui.

En effet, en consultant le registre national des cultures, chaque Vendéen peut se rendre compte que la Vendée fait partie des 39 départements français (sur la centaine que compte notre pays) dans lesquels se pratique la culture OGM.
Il s’agit de 3 parcelles, l’une située sur le canton de Sainte Hermine (0,54 hectares) et les deux autres sur le canton de l’Hermenault couvrant 9,83 hectares.
Et ces parcelles sont autant de menaces pour les champs cultivés alentours. La culture de plein champ favorisant la dissémination, ces champs, pourtant non OGM, risquent d’être contaminés ce qui constitue un risque dont personne aujourd’hui ne peut nous affirmer qu’il n’existe pas.

Le gouvernement, que soutient votre majorité départementale, a fait passé une loi qui nie la liberté de ceux qui veulent produire sans OGM, allant à l’encontre de ce qui avait été promis lors du Grenelle de l’environnement.
Car dans ce domaine, il ne peut y avoir de libéralisme : laisser le choix de produire avec ou sans OGM est une fausse liberté ! La coexistence n’est pas possible : le vent, les insectes, bref la nature (celle que des multinationales voudraient domestiquer mais qui s’obstine pourtant, encore, à vivre), favorisent les contacts, ce que l’on appelle la dissémination et qui constitue en réalité une contamination pour les autres cultures. Le gouvernement parle de fixer, ultérieurement, par décret les mesures de distances entre les parcelles à 25 ou 50 mètres alors que l’on sait, par exemple, que les abeilles peuvent se déplacer sur des dizaines de kilomètres !

On le voit bien, le projet d’un label « sans OGM » est illusoire ! Il est illusoire de faire croire que la Vendée sera « une zone exempte d’OGM » comme vous l’affirmez puisque le département est déjà contaminé : de manière certaine sur plus de dix hectares, sans compter le travail opéré par la dissémination.
Aujourd’hui ce dont la Vendée a besoin c’est d’une politique volontariste en faveur d’une agriculture durable et non d’un nouveau logo.

Si le conseil général est, tel que vous le répétez à l’envi, premier pour ceci, premier pour cela, il faut avouer qu’en matière d’agriculture bio un certain retard a été pris, mais mieux vaut tard que jamais.

Le développement de ce mode de production dont l’aspect « respectueux de l’environnement » est unanimement reconnu est difficile à cause des écarts de prix avec les produits conventionnels, l’irrégularité des approvisionnements et parfois des circuits de distribution.

Il faut à mon sens amplifier l’aide à l’installation en agriculture biologique, nous savons tous combien il est difficile de s’installer quand on est un jeune exploitant, ce serait un encouragement certain dans votre ambition de doubler d’ici à 5 ans les surfaces agricoles biologiques, d’autant plus que vous nous proposez également de développer la consommation des produits biologiques dans les collèges publics. C’est une chance effectivement, pour ceux en tous cas, qui ont la chance d’avoir un collège public près de chez eux !

Dans cette interview à la presse vous vous préoccupiez également de qualité de vie : bien manger c’est important, mais manger dans de bonnes conditions l’est tout autant. Ce qui m’amène à vous parler du retard considérable pris en matière de construction, rénovation et d’entretien des collèges publics : un exemple dans certains établissements les collégiens déjeunent à 13 h 15 car le réfectoire est trop petit, ça ce n’est pas de la qualité de vie.
Un autre exemple de « non qualité de vie » : de nombreux enfants se rendent à leur collège par les transports scolaires : pour beaucoup c’est un départ à 6 h 50 du matin de chez eux pour arriver au collège vers 7 h 30 et attendre le démarrage des cours à 8 h 10 ou 8 h 15, 1 h 40 d’amplitude horaire le matin, la même chose le soir. Tout ça pour un coût exorbitant de 140/150 € par an et par enfant à la charge des familles. Des lignes dégradées : pas assez de places dans les cars (une enfant de 6ème est même restée un soir devant le collège sans pouvoir monter dans son car !), des bousculades car les enfants ont peur de louper leur car, des arrêts non respectés, des arrêts non sécurisés…. Ça non plus ce n’est pas de la qualité de vie, c’est même de l’inégalité devant la scolarité par rapport à ceux qui résident près des collèges et qui se lèvent tard et rentrent tôt chez eux le soir pour faire leurs devoirs et ceux qui en revanche partent tôt et rentrent tard.

Vous nous annoncez bien la fourniture de brassards, l’embauches d’animateurs dans chaque car, une étude pour la tarification aux familles mais le compte n’y est pas : il faut plus de lignes directes, baisser de façon significative les tarifs, sécuriser davantage les arrêts, bref un vrai service public des transports scolaires digne de ce nom. Notre groupe propose la construction de collèges publics de proximité : à la Mothe-Achard, à Talmont Saint Hilaire, aux Essarts c’est cela aussi la qualité de vie. Cette proximité participerait également d’un meilleur service de transports scolaires aux usagers, avec forcément moins de trajet pour les collégiens, moins de fatigue, moins d’insécurité routière. Nous souhaitons également une politique ambitieuse de rénovation et d’entretien des collèges : le collège Herriot attend toujours ses travaux et même les collèges rénovés depuis quelques années (à moindre frais) souffrent aujourd’hui de ce peu d’investissement de départ. Nous aimerions également que le plan Collèges Numériques aille aussi vite que l’implantation de vos « hot spot wifi » !

Je crois que l’assemblée départementale a tout intérêt à investir dans l’avenir de la jeunesse vendéenne et notamment dans l’enseignement secondaire. Il serait en effet de meilleure gestion des deniers publics de vous concentrer sur vos compétences avec une meilleure prise en compte de la petite enfance, de l’insertion des jeunes, de l’insertion des populations défavorisées, réaffirmer le droit au logement social  partout et entreprendre  dans tous les domaines une vraie politique d’investissement loin du saupoudrage que vous nous proposer actuellement.

Je vous remercie
 

Auteur: Sylviane Bulteau

Députée Conseillère départementale de la Vendée

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